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Recherche d’éditeurs

pour un texte hybride

D 22 décembre 2017     A Annie Vacelet    


Janvier 2018.

Dès 1991, je pointais que la dévalorisation des diplômes des médecins-psychiatres, la suppression du statut d’infirmier psychiatrique et la nouvelle politique de rentabilité des soins, allaient déclencher des catastrophes... Voilà, on y est... Agnès Buzyn, ministre de la santé, propose de revenir en arrière et de créer une sur-spécialité de l’infirmier psy... dans le Monde du 27 janvier 2018, double page... rien ne va plus... on est à l’os... J’espère vraiment qu’un éditeur aura le cran de publier mon bouquin "Le sentiment de la psychogéographe", un texte écrit en 1991 que je viens de retravailler huit mois et demi... Annie Vacelet-Vuitton, psychologue, psychanalyste, écrivain... J’ai travaillé en psy enfants et adultes à partir de 1975, j’ai cessé en 2008 éberluée par l’isolement dans lequel les politiques tenaient les psys...

La version revue et corrigée de mon texte "Le sentiment de la psychogéograhe" étant terminée, je pars en quête d’un éditeur - essais, documents, littérature. Une expédition qui risque de prendre du temps... en compagnie d’un texte hybride, 152 pages format A4...

LETTRE AUX EDITEURS :

En 1991, alors je sortais d’une lecture approfondie de « l’Ethique de la psychanalyse » de Lacan _ peut-être étais-je éreintée mais on ne parlait pas encore de « burn out » _ et que je terminais un contrôle personnel, l’envie me prit d’écrire sur le travail de secteur psychiatrique, un grand manège sur lequel, psychologue, je tournoyais depuis seize ans… ce que je fis sans plus attendre.

M’éloignant des écoles, des discours, de l’élégance des concepts psychanalytiques que pourtant j’adorais, je m’imaginais soudain simple scribe notant une parole d’équipe, celle du quatorzième secteur de Bondy, prise, surprise au cœur de son quotidien, comme s’il s’agissait de ne rien rater de la construction de la pyramide _ j’entends par cette image de « pyramide » rendre compte du travail de cette équipe alors préoccupée de définir, de soutenir au jour le jour, une clinique de secteur subtile et inédite _ une multiplicité de paroles constituantes, celles des patients, des soignants, des administrateurs, des habitants de Bondy, de leur maire, parfois triviales, souvent subtiles et enchanteresses… sans bien sûr renoncer tout à fait au soutien que m’offrait la pensée psychanalytique… tout en la tenant à distance car je rêvais d’aller plus loin. Je rêvais d’ouvertures poétiques, de décors majestueux où ces paroles éphémères pourraient avoir enfin droit de cité « littéraire ».

Ecrit au cours de deux périodes suffisamment éloignées, 1991 et 2017, ce texte transcrit au quotidien, le travail observé à la loupe ; il livre ainsi une succession d’instants, de perceptions, d’émotions, de réflexions, de paroles si légères que leurs effet réels auraient fini par s’envoler si je ne les avais pas notées.
Il tente également d’exister dans le temps long en maintenant le contact avec l’histoire, la chronologie, certaines idées-forces.
Mais c’est le temps logique, celui de l’inconscient, qui en domine le rythme et le fait voyager dans le passé, cette réserve de sens intarissable, avec pour perspective le retour du futur.

Que dire de plus ?

En 1993, lors de la parution d’une première édition du livre « Le sentiment de la psychogéographe », Emmanuel Garcin écrivit dans la revue Psychologues et Psychologies, n° 114 : « Faire état de ses convictions, de ses efforts pour réveiller l’imagination là où la peur de l’imaginaire règne, sans manquer de style, n’est pas une mince affaire. Annie Vacelet s’y est employée dans un livre sur son expérience de bientôt dix-huit ans de psychologue-psychanalyste dans un service de psychiatrie. Un livre qui tente de rendre sensible le sens de la poésie, l’attention aux inventions liées a la douleur psychique, le pistage des parcours de paroles qui prennent leur importance d’être suivies à la trace… »

La peur de l’imaginaire ! Pas de doute ! Emmanuel Garcin m’a parfaitement comprise ! C’est exactement contre cette peur que j’ai conçu « le sentiment de la psychogéographe ».

C’est un texte étrange, hybride, théâtral, psychiatrique, poétique, et pourquoi pas chore/graphique… un texte à danser ?... intime/extime, épique, qui dévoile le fonctionnement d’un service, essentiellement oral et gestuel, mais également l’aventure que cela représente de vouloir en rendre compte par l’écriture…un texte pathétique, « générateur d’énergies » et d’éthique.

C’est un texte fou qui se refuse à réifier la folie mais accepte au contraire d’en prendre sa part, de se laisser toucher, travailler par elle, sans en dénier les excès, tout en profitant de certains de ses soulèvements, magnifiques, de sa gentillesse et de son humour.

Un texte un peu éclaté qui, je l’espère, donne cependant suffisamment de repères pour que chacun s’y retrouve.

Aujourd’hui, en 2017, alors que les mathématiques, les sciences et la raison, l’informatique elle-même, ont envahi le monde de la santé mentale, sans se préoccuper de se justifier, en écrasant l’imaginaire du transfert au profit de discours plus objectifs, réalistes, j’aimerais beaucoup que « le sentiment de la psychogéographe », cette version revue et corrigée que je vous envoie, soit publiée.

© Annie Vacelet-Vuitton

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