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Mythic/Retour. Rapport de stage à La Cathode.

D 3 juillet 2014     A Annie Vacelet    


Annie VACELET
DESS PRATIQUE
N° .....

RAPPORT DE STAGE à LA CATHODE.
Janvier/février/mars 2005

Prendre la ligne 5, direction Bobigny à l’est de Paris.
Descendre à la Bobigny-Préfecture Terminus où de gros, gras, grands bus vrombissent, prêts à repartir. De ces héroïques machines qui tissent et coulent les innombrables nœuds de la communication en grande banlieue.

On croit n’être nulle part, on écarquille les yeux et soudain un tramway flambant neuf cisaille l’espace, un centre commercial s’offre, toutes portes ouvertes, au désir du chaland...

Plusieurs niveaux sont empilés les uns sur les autres. "Le Magic" une salle de cinéma militant, est encastrée sous un "Mac’Do", la Préfecture, un cube d’un noir si mat qu’il absorbe la lumière, surplombe une multitude de voies, de passages, d’escaliers, à l’aspect si désordonné que l’ensemble pourrait avoir été creusé par une colonie de termites géantes.

Pour arriver à La Cathode, je dois me faufiler entre deux bâtiments (deux tours d’habitation gigantesques) - un raccourci qui me permet d’éviter l’avenue Pierre Sémart, interminable, et le carrefour Pierre Sémart, très dangereux ; celui-ci régule le flux des voitures qui, ayant pris leur élan depuis Paris, terminent leur parcours... ici-même. Fin de l’Autoroute.

La Cathode, est installée dans un bâtiment sans étage, genre préfabriqué des années 1970, usé, laminé, ayant servi, décrépi comme les pavillons qui l’entourent, des ancêtres qui datent des années 1950, et possèdent encore un jardinet, une clôture.
La Cathode donne de plain-pied sur la rue.

Non loin de là, un café. S’appellerait-il le « Le Pierre Sémart » ? Qui est ce Pierre dont le nom suffit à faire exister une avenue, un carrefour, une rue ? Le café s’appelle « Au rendez vous des amis ».

Deux grands africains en costards cravate, sont attablés aux premiers rayons du soleil. Le cafetier me prépare un sandwich maison : jambon de pays, camembert, beurre à emporter. Nous sommes en Mars. Mon stage à La Cathode se termine.

Lorsque je suis arrivée en Janvier, je venais de faire un mini stage d’une journée à TFI. J’avais demandé à assister à la fabrication d’un JT (journal télévisé). Interdite à la réunion de rédaction, j’avais quant même réussi à assister à la réunion des journalistes dans la salle de visionnage puis à la diffusion dans la salle de régie où l’équipe travaille en temps réel pour faire passer l’image virtuelle.

Dès la salle de visionnage, je fus impressionnée, par le mur d’écrans ruisselant d’informations non stop par l’intermédiaire du faisceau hertzien ou du bureau d’à côté où les monteurs montent, remontent. « C’est dans cette petite pièce qu’arrivent les images en provenance des EVN, des ITN, des chaînes partenaires et des agence audiovisuelles. Face à un mur d’images, les membres de la coordination réalisent des scripts décrivant les sujets disponibles (qui sont accessibles à tous les membres de la rédaction à partir d’une base de données) reçoivent et sélectionnent les images correspondant aux sujets traités. » ai-je pu lire sur un site Internet où Olivier Baisnée décrit une salle de visionnage.

L’équipe de télévision comme toutes les équipes qui font de l’audio-visuel, me fait penser à l’équipage d’un gros bateau, un bâtiment, qui part à l’assaut des éléments.

Mais je reviens à La Cathode, 119 rue Pierre Sémart, 93000 Bobigny, à mon stage pendant lequel j’ai noté au jour le jour chaque chose apprise pendant le stage, dans un cahier rose, 100% fibres recyclées 96 pages.

La Cathode est une association de production et de diffusion de films. L’équipe est composée de quelques permanents et d’intermittents qui se partagent les tâches de réalisateurs, de producteurs, administrateurs, attachée de presse, graphiste, comptable. La Cathode propose également des ateliers de formation et m’est apparue très accueillante avec les stagiaires.
Le jour de mon arrivée, il y avait un autre stagiaire, un collégien de 12 ans qui s’interrogeait à définir le monde du travail à partir d’un questionnaire élaboré dans sa classe de 6ième. C’est à cette occasion que j’apprends que la jeune graphiste qui s’occupe d’ensoleiller les jaquettes des cassettes et des DVD gagne presque autant qu’une thérapeute en fin de carrière. J’ai un peu honte avec mes 30 ans de travail à l’hôpital et mes 56 ans. Le social est en perte de vitesse. Vive le commercial. L’enfant de 12 ans ouvre des yeux grands comme des soucoupes. Il a envie de faire du cinéma. Moi aussi.

Dès la première réunion qui se répètera chaque semaine, je perçois qu’une question domine. La Cathode qui est une association bénéficie depuis sa création dans les années 80 des aides automatiques du CNC. Aucune loi ne l’interdit bien que la coutume ne fasse que le tolérer. Or, la politique du pays changeant, le CNC risque de ne plus pouvoir verser que des aides sélectives aux associations, les condamnant sans doute à une existence encore plus difficile. La Cathode trouvera-t-elle sa voie ? Quel est le choix ? Rester une association et se passer des aides dues à une association ou devenir une société et risquer de disparaître dans le labyrinthe des exigences de rentabilité ?

Aujourd’hui, La Cathode a de nombreux partenaires, produit et diffuse plusieurs collections : « Un film pour en parler » « Bille en tête », diffuse des documentaires importants dans des salles comme La Clé rue de la Clef à Paris, au Magic à Bobigny et à la SCAM, anime des débats grâce à la « coordination pour un autre cinéma » et partage cette activité avec l’Association « Voir et Agir ».

« Voir et Agir » se définit clairement : « Créons un réseau de diffusion de films video pour les débats de la société civile ! Des films pour se rencontrer et transformer la société ! J’ai déjà vu certains des films proposés, ceux de Carole Poliquin « Le bien commun, l’assaut final », « Turbulences ». il y a aussi « Nous ne sommes pas des steaks hachés » de Alima Rouali et Anne Galland sur la grève des MacDo du Faubourg Saint-Denis en 2002…

Les membres fondateurs de Voir et Agir sont nombreux : d’autres associations aux noms musclés « canal marches paris » « rebond pour la commune paros » « les brasseurs de cages drôme, les écrans documentaires gentilly, co-errances paris, la comité attac paris 9/10, les videophages toulouse, l’association des cheminots cinéphiles, les engraineurs pantin, les écrans citoyens.

Je pensais prendre le maquis en bifurquant sur Bobigny pour faire mon stage. Je me retrouve sur les traces connues de ceux qui se demandent encore comment faire société pour qu’il puisse encore y avoir des films.

J’ai pu voir dans le cadre des projections « pour un autre cinéma » le dernier film de Jean-Michel Carré « Koursk, un sous marin en eaux troubles ». Il s’agit d’un film d’investigation sur les enjeux du commerce militaro-industriel, l’incident du Koursk, ce sous marin qui a coulé entraînant son équipage et de la faiblesse des actes politiques lorsqu’il s’est agit de sauver ces marins. Il y avait une quinzaine de personnes dans la salle. Pas de quoi se permettre de pavoiser. Mais le film pose une question, s’installe dans la durée d’une réflexion. Il a fallu 4 ans de travail, pour ce film qui est un montage d’archives télévisées, d’images numériques, de plans tournés en Russie par des amateurs et par Jean Michel Carré.

J’ai vu un autre film dans ce cadre sur le DAL, Droit au Logement…

Nous sommes donc bien dans une mouvance militante. Laquelle ? Je ne sais pas. Pour trouver mon stage, j’avais appelé Gabriel Gonnet, rencontré au Festival Psy de Lorquin où il présentait un film et moi aussi. Gabriel Gonnet est le directeur de La Cathode. Pour lui, faire un stage, ce n’est pas perdre son temps. Il faudrait que je fasse un film pendant mon stage. Mais j’en ai deux sur le feu : mon film sur les soldats devenus fous pendant la guerre de 14/18 et celui sur Luc Moullet. Voici donc le programme : je finirai le montage, le mixage du film sur les soldats pendant le stage avec Sophie Bommard qui mixe, j’apprendrai à faire des bonus et des DVD avec monsieur Sacy et j’observerai le montage du film en cours avec un réalisateur, JM Kuess sur la maladie d’Alzheimer.
La plupart des films produits dans la collection « pour en parler » se soucient de questions de santé, de psychologie, de société, de citoyenneté.

Je furette dans les étagères. Les titres des films sont évocateurs, sans pathos : « La loi, moi et les autres » de Syvie Berrier, « Un enfant tout de suite » de Chantal Briet, « Marguerite B. une histoire singulière » un film de Gabriel Gonnet,, « Esquive ! » de Patrice Rolet, « Inspirez, expirez » de Marinca Villanova etc… Les films prolifèrent.

Il y a ceux des ateliers. « Yaani » par exemple un documentaire de 3 0mn, réalisatrice intervenante : Anne Philippe. Résumé : cet été se sont rencontrés des jeunes de France et du Burkina Fasso au village de Korgne gane. Ce film témoigne de leurs premiers échanges amicaux et culturels autour de projections cinématographiques dans le village.
Partenaires : Région Ile de France, Préfecture de la Seine St Denis, FAS, Ministère de la Coopération, FOL 93.

La Cathode est reliée à de nombreux partenaires associatifs : « Périphérie » par exemple, institutionnels, locaux, régionaux, nationaux : le CNC, le Ministère de la solidarité, de la santé et de la famille, télévisuels : Téléssonne, KTO etc…

Le documentaire « Esquive ! » de Patrice Rolet a été produit avec Téléssone, aller retour productions, ministère éducation nationale, FAS, CNC, FF boxe.

« Esquive ! » 52mn, résumé : à Aubervilliers,en Seine St Denis, le collège Jean Moulin, classé zone d’Education Prioritaire, abrite une classe d’insertion dotée d’une structure dite « Espace SOS ». A l’enseignement général, s’est greffé une expérience pilote de boxe éducative…

L’ampleur des contacts semble toujours insuffisante. A la réunion du mardi, on cherche de nouvelles alliances. On évoque la fusion du SICOM et du NRDP. Le secteur de la santé et de l’éducation apprécie les films de La Cathode et s’apprête à les défendre.

J’ai juste le temps de rencontrer Charlotte, la réalisatrice du documentaire : « Les sourires d’Olivia » qui montre la vie quotidienne d’une jeune fille handicapée, un film pour en parler. Le débat a lieu au Magic, avec les parents, la mère héroïque, le frère mortifié qui parle vrai. Soudain Charlotte s’en va. Elle fonce prendre un avion pour Ouagadougou où se tient le Festival Panafricain de cinéma : le FESPACO ! Respect !

Quant à moi, je me rends en sous sol pour apprendre un peu de technique. Je croise monsieur Weisz, le président et madame Fresnel sa monteuse. Ils sont sur un film d’archives. Je jette un œil. Je prends peur. Ils filment propre contrairement à moi. Mon film de maîtrise « 1914 ; la folie » un montage d’archives, ne me semble plus qu’un misérable déchet. Vivement que je sache filmer !

En ce qui concerne les problèmes de financement, monsieur Weisz me dira : « Si tu veux faire un film, tu sors l’argent que tu as dans les poches et tu fais ton film ! ». Il fait le geste de retourner ses poches.

En bas, il y a encore des films. Les murs sont recouverts d’étagères. On peut lire sur des cartons de rangement : « brochures autour de la foie », « brochures, solitudes, champagne ». J’aime bien les mots lorsqu’il se mettent à parler tout seuls.

Monsieur Sacy, cinéaste, animateur d’ateliers est un bon technicien. Avec lui, je vais apprendre certains gestes que je n’en finit pas d’essayer de mémoriser. Je ne pratique pas assez et le monde des machines est infernal, uns sorte de tour de Babel où chaque machine parle son propre lange argentique, analogique, numérique. Allez, on ne va pas couper les cheveux en quatre, j’apprends à faire une sortie film sur bande DVcam et VHS. Et, je fais le câblage moi-même. Mac-Firewire- Lecteur DV in/out- video audio output (3jack)-magneto péritel.

Je suis contente. Un câblage réussi me procure une vraie satisfaction.

Ensuite, je réviserai la digitalisation sur Final Cut . Surtout ne pas oublier d’inscrire le n° de la bobine ! Je révise d’innombrables choses, des gestes :
le TC des rushs digitalisés est le même que celui du tournage.
L’ordre d’ouverture des machines et du logiciel est essentiel pour ne pas perdre son travail.
A la sortie, il faut placer un TC de 00 00 10 00.
Entrée cassette dans lecteur, record play : enregistrer 10 sec après avoir mis le curseur de la Time Lime dans le noir
Le film se présente au départ avec 1mn20 de mire de barres, un 1000, un Noir, le compte à rebours. Le film commence à 2mn. Il y a donc un Noir de 35 sec et un compte à rebours de 5sec.

Je découvre le logiciel After effets sur lequel monsieur Sacy calcule le floutage, l’étalonnage : balance des couleurs, luminosité et contraste. Il travaille aussi l’image avec des filtres de correction. Il baisse le blanc.
Sur un coin de table, un DVD de travail sur lequel apparaissent les caractéristiques à connaître obligatoirement : Mix. Titre. Mono (L+R), 1000hz=-18db, 16 bits, 48khz, n°copie.

Un jour, en vérifiant le bons état de câbles , je brise un synch sur la caméra. C’en est fini de ma collaboration avec monsieur Sacy. J’ai bien trop peur de tout casser.

Dans la salle d’à côté, un réalisateur Jean Michel Kuess termine son film : « La mémoire retrouvée ». L’image est très belle. J’apprends qu’il a travaillé avec un Chef Opérateur qui a utilisé deux types d’éclairage, un ensemble de fluo et un éclairage fixé sur la caméra qui adoucit les visages. Je ne me rappelle plus le nom de cette lampe. Je sais que ce n’est pas une minette qui elle, durcit les visages en focalisant.

Mathieu, secrétaire, me propose d’éplucher un dossier de production, tâche à laquelle je m’applique une matinée entière pendant que le garçon chargé de la production, un jeune homme très aristocratique s’entretient avec un réalisateur en partance chez les Indiens d’Amérique. La conversation entre eux deux portent sur le format video utilisé aux Etats unis : le NTSC et de l’opportunité de revenir très vite faire le travail de post-production en France, en PAL. Ils sont à la recherche de la procédure la plus économique. Finalement, le tournage se fera avec une équipe indienne aux Etats Unis, le montage et le mixage en France. Ils se questionnent aussi sur les gabarits et la fréquence en hertz des prises électriques américaines.

Je feuillette quelques dossiers de production. Ils sont plus ou moins épais mais tous faits sur le même modèle :
Présentation de La Cathode.
Le film : Présentation : Bon de commande : Location de matériel - Devis estimatif : Documentaire création : durée : 52 mn – Format – Préparation : 2 mois – Tournage 20 jours – Montage : 2 mois – Mixage : 2 mois.

Devis estimatif :
I Scénario et Droits : Droits auteur/réalisateur – Musiques.
II Personnel salaire brut : Producteur – Réalisateur/technicien- Assistant- Chef opérateur –Cadreur- Monteur off line- Mixeur – Chanteuse interprète – Total.
III Charges sociales + congés spectacles : Charges sociales auteur – Charges sociales techniciens- Total charges sociales.
IV Transport/régie : accessoires- Documentation – déplacements – régie –Frais de bureau.- Total régie.

Un devis remanié adressé au CNC avec en plus :
V Moyens techniques : nombre et unités : Pack Dvcam- Matériel Son- Eclairage- Montage Off line – Magnétoscope DV Cam – Conformation/étalonnage- Mixage- Total moyens techniques.
VII Divers : Assurances- Publicité – Frais financiers – Total Assurances + Divers.
VIII Frais généraux- Imprévus. TOTAL GENERAL : … - Financements : La Cathode- TV- Cosip (Compte de soutien à l’industrie des programmes audiovisuels) CNC – Procirep et Angoa – Conseil général.

Un documentaire de 52mn coûte en moyenne : 100 600 euros.

Le dossier de production comporte aussi les contrats Auteur/Réalisateur, les Accords TV, Accord CNC, les Conventions de coproduction et de cession de droits de diffusion entre La Cathode et la TV (multi diffusion), les Autorisations des gens filmés, la Presse sur le sujet, les Adresses, les échanges de Courrier (Arrivée-Départ).
Courrier aux chaînes pour diffusion, aux Associations spécialisées, aux Ministères concernés.

A La Cathode, Claudie est chargée des relations avec la Presse. Au moment où j’arrive, elle cherche à enrichir le fichier des revues auxquelles envoyer une information sur les films produits et diffusés par La Cathode. Je m’associe à elle pour trouver et sélectionner des revues psychologiques, pédagogiques que je repère auparavant sur Internet. C’est un travail de longue haleine qui nécessite une immense disponibilité. Il faut décrypter de nombreuses données, les simplifier pour les rendre immédiatement accessibles à celui qui prendra contect avec ces revues.

J’apprendrai à faire un dossier de presse concernant un film : Fiche technique, résumé, contenu du film, entretien avec le réalisateur, entretien avec un spécialiste du sujet traité.

A la demande de Gabriel Gonnet, je commence à travailler à une proposition de synopsis de soirée Thema/Arte sur le thème de la résilience. Je plonge dans les sites Internet à la recherche de documentaires sur la résilience, de fictions, d’experts. Gabriel Gonnet m’a préparé le terrain avec le dossier de son film « Ils en sont revenus ! » 52mn.

Pour moi, qui suis thérapeute depuis des lustres, le concept de résilience développé par le docteur Cyrulnik me semble un peu mou, un grand sac à tout remiser. Mais il ne faut se décourager. Je me lance. Le terme de « résilience » est emprunté à la mécanique. Il signifie la capacité d’un corps à reprendre sa forme originelle après un choc qui l’aurait déformé, une sorte de capacité à rebondir, une image mécanique contestable pour décrire le psychisme comme l’image thermodynamique de l’appareil psychique que Freud avait foutu à la poubelle dès le début du 20° siècle pour repartir d’une conception de l’homme en tant qu’être parlant.

Pour parler de résilience, il faut qu’il y ait eu traumatisme (un coup réel et la représentation de ce coup) et agonie psychique. Pour qu’il y ait réparation, il faut réparer le coup réel et la représentation.

Pour écrire un projet de soirée Thema, je pense qu’il faut d’abord délimiter le champ de résilience qu’on aborde. « Ils en sont revenus » nous entraîne du côté de la réparation par la création d’objets, d’associations, dans une zone où la parole n’est plus seule à pouvoir agir.
Les films montrent des personnes traumatisées qui, après avoir vécu une véritable agonie psychique, s’en sortent, animés par la nécessité de créer.
- Un documentaire : « Ils en sont revenus ! » documentaire de création 90mn Gabriel Gonnet
° 4 itinéraires ° 5 experts ° 4 expériences associatives
- Un documentaire : « Grandis par l’épreuve » documentaire 52 mn° témoignages ° experts
- Un documentaire : « Carnets de notes sur vêtements et ville » Wim Wender-Yohji Yamamoto : rencontre de Wenders et Yamamoto : orphelin de père et pauvre, Yamamoto apprend la couture avec sa mère.
- « Kess » de Ken Loach. Un enfant s’éduque en éduquant un oiseau.

Deuxième projet de soirée : de la réminiscence à la résilience. La résilience au travers des générations.
- Documentaire : « De guerre lasses » réalisateur : Laurent Bécue-Renard
- Fiction : « Rosenstrasse » 2H21 Margaretha von Trotta.
Moralité de la soirée : on n’est pas obligé de répéter ce que la génération de nos parents a vécu ou « quand les enfants soignent leurs parents ».

Questions :
La résilience n’est ni une recette ni une pédagogie. Elle est un autre regard.

L’analyse du trauma ne suffit pas à retourner dans la vie. La résilience suppose un travail de création , un travail de remaniement du réel et de ses représentations, une construction dans la réalité, un travail où réminiscence et résilience ne cessent de se tramer car « la réalité n’est jamais finie. Il ne faut pas cesser de la construire pour en chasser les monstres … » Antonin Artaud, Pour en finir avec le jugement de dieu.

Que dire de la capacité de l’homme à rebondir à partir de la part saine de son moi ? Où est cette part intouchable, invulnérable du moi, transcendantale ? Selon Cerulnyk, cette part existe. Et puis, il se reprend : « Sans vie affective et sans entourage soutenant, il n’y a pas de résilience possible »

Aujourd’hui, je quitte La Cathode. Nous sommes en Mars. Mathieu et Claudie pensent qu’il est grand temps de proposer les films aux festivals de Lussas, Lorquin, Foix, Créteil etc…
Je dois me remettre au travail sur mon film de Maîtrise « 1914, la folie ». Sophie Bommard, ingénieur du Son, m’a appris à ordonner ma Time Line pour faciliter le travail de mixage et m’a demandé de sortir un dossier Omf et un Quick sur disque externe. Nous réenregistrerons la voix off qui est mauvaise. Kalil, la comptable de la Cathode m’apprends à calculer une fiche de paye pour Sophie . Si je lui donne 300 euros, elle recevra un salaire brut de 192 euros.

Annie Vacelet 20 mars 2005