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Présentation et extrait du livre "Délimitation d’un corps. Journal d’une psychologue en banlieue"

D 23 avril 2012     A Annie Vacelet    


Bonjour,

Allez, je re-publie "Délimitation d’un corps. Journal d’une psychologue en banlieue" une dernière fois.

— "Délimitation d’un corps. Journal d’une psychologue en banlieue", 2e édition corrigée, éd. By Tarika, Paris 2009, 107 pages

— n° isbn : 978-2-9508179-2-1

— n° siret : 394 336 242 000 18

Ces textes professionnels mais aussi personnels et quelquefois burlesques, sont les plus précieux que j’ai écrits depuis 1975, date à laquelle l’aventure du Secteur psychiatrique a commencé. Il était alors question, pour ma génération, de s’engager à transformer l’hôpital psychiatrique, à le rendre plus humain en inventant une nouvelle clinique, hors les murs. Cette « révolution » reste liée aux réflexions de Franco Basaglia en Italie, de David Cooper et Ronald Laing en Angleterre, de Félix Guattari, Maud Mannoni en France, et bien d’autres…

Annie Vacelet pratique la psychanalyse, écrit et réalise des films. Elle a participé à la création de nombreux lieux de soins. Par où est-elle passée pour interroger, transformer et améliorer l’institution ? Où a-t-elle trouvé les appuis nécessaires ? « Des choses ont pris, un sillon s’est creusé, un parcours, une esthétique de travail et de vie. Le mouvement de 1968 y est peut-être pour quelque chose ». Daniel Loriot, sociologue.


Photo prise à Trieste : mouvement international "Psychiatrie et démocratie".

1975, j’étais plus jeune (27 ans), je revenais d’un long voyage en Afrique et m’apprêtais à changer l’institution psychiatrique avec Basaglia, Guattari, Cooper et d’autres. Je me sentais forte, prête à supporter toute la folie du monde.

Entre 68 et 75 tout était allé très vite : fin du mouvement de 68, la fuite dans les Cévennes, la disparition dans le Sahara et le retour rue des Caves à Sèvres (un squatt historique organisé par des étudiants en architecture), la reprise de contact avec des psys militants, la prise de décision : en compagnie d’autres "aventuriers" je travaillerais à l’asile où les malades vivaient à trois sur deux lits, ou à poil dans la paille... L’idée, c’était de faire rentrer la psychanalyse dans ces lieux pourris.



SOMMAIRE :

PROLOGUE
— 2007. Comment se faire un corps ?

ACTE 1- ACTE 2
— 1989. Not des Lebens
— Annie arrive en ville
— Annie construit la ville toute seule avec ses copains
— Le manifeste du 22 mars
— Laborde

ACTE 3
— 1986. Quand les enfants sont comptant de parler
— 1991. Mots de passe
— 1996. Monsieur M ou l’impossible du Symbolique
— 1996. Qu’en dit la montagne ?
— 1994. La départementale 937

EPILOGUE
— 1985. Bondy-Paysage 1
— L’enfant éthiopien


EXTRAITS :

2007 - Comment se faire un corps ?

J’ai participé à la création de plusieurs lieux de soins : un hôpital de jour pour adultes, un centre du soir et un centre médico-psychologique pour enfants à Bondy ; un centre communautaire d’accueil et de soins pour adolescents à Vincennes. J’ai aidé au renouvellement des soins dans un centre de jour pour enfants et dans un centre psychothérapique ouvert à tous 24h/24.

Par où suis-je passée pour interroger, transformer et améliorer l’institution ? Où ai-je trouvé les appuis nécessaires ? Le mouvement de 68 y serait-il pour quelque chose ? J’ai fait en 68 une des expériences les plus fortes de ma vie, celle d’une prise de parole collective. Ce n’était pas un rêve. L’esprit de ceux qui, comme moi, ont été émerveillés par l’émergence d’une parole si particulière existe. Un sillon s’est creusé : un parcours, une esthétique de travail et de vie.

Ghislaine Fora, dans un de ses films, me questionne :
— Annie… aujourd’hui, vous présentez la nouvelle Qu’en dit la montagne ? Votre premier texte était Le Sentiment de la Psychogéographe ?
— Le premier texte relié quand on commence à mettre du scotch pour tenir les pages ensemble. Avant j’avais publié dans des revues.
— C’était des revues professionnelles ?
— Oui.
— On a l’impression que quelque chose se dégage de plus en plus de votre force poétique.
— Oui ? C’est gentil. Vous avez dit “ force” ?
— Qui se dégageait déjà dans Le Sentiment de la Psychogéographe que j’avais trouvé très poétique et politique, professionnel et personnel en même temps, avec des moments de votre vie personnelle, j’ai bien aimé.
— Ce n’était pas ma vie, c’était une vie. Le personnage dit “je” mais c’est un personnage fictif que j’ai reconstruit à partir d’infirmières, de psychologues, de médecins, ce n’est pas exactement ma vie. J’ai utilisé “je” pour que ce soit plus lisible… Je suis solidaire de ce personnage féminin qui consacre sa vie à soigner et à réinventer l’institution au jour le jour, cette professionnelle dont on ne parle pas dans les hautes sphères où se trouvent pourtant ceux qui ont à charge de penser l’institution. Il faut penser l’institution pour qu’elle soit moins inhumaine. Ce travail se fait à la base. On est obligé de penser sans cesse le lien entre nous - les équipes, les malades. Le lien est ce qui se défait le plus facilement avec les gens qui souffrent psychiquement, ils se referment sur eux-mêmes et ce qui est brisé, mis en échec, c’est le lien, ce qui lie les gens les uns aux autres. J’ai rêvé que toute cette pensée sur l’institution pourrait être mise en circulation, que les politiques nous écouteraient, mais non…



Achevé d’imprimé par La Bottelerie, Vauchrétien Maine-et-Loire
Dépôt légal : février 2009

N° ISBN : 978-2-9508179-2-1


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