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Annie Vacelet psychogéographe, un film de 1993

D 1er décembre 2011     A Annie Vacelet    


FICHE TECHNIQUE :

Titre : Annie Vacelet psychogéographe ou comment vivre sa folie aujourd’hui.
Documentaire
Durée : 67 mn
Format : Video 8
Langue Française
Tourné et réalisé par Maïté Lembeye avec Maria Koleva (Cinoches Video)
1993

Synopsis :
Maria Koleva rend visite à une amie, Annie Vacelet. Dans cette conversation à bâtons rompus prise sur le vif, se dessine peu à peu le portrait dynamique d’une femme qui, n’oubliant pas la caméra, réfléchit à haute voix sur ce qui la motive aujourd’hui dans la vie : la pratique de son métier (psychologue et psychanalyste), sa manière de vivre la politique ou de faire du théâtre avec les jeunes.

Qu’il s’agisse de ses patients, de ses pratiques artistiques (peinture, théâtre, écriture), de son premier livre "Le Sentiment de la psychogéographe", de ses positions vis à vis des institutions, du pouvoir ou de la normalité, Annie Vacelet parle avec passion de la démarche qui l’anime. Une démarche qui consiste à "faire face à l’urgence de la vie", selon le concept de Lacan qu’elle fait sien. Texte de Sadia Saïghi (www.cnc.fr)

Générique :
Auteurs : Maria Koleva ,Maïté Lembeye , Annie Vacelet
Actrices : Maria Koleva, Annie Vacelet
Réalisation : Maïté Lembeye
Image et Son : Maïté Lembeye
Production Cinoche Vidéo ,Maria Koleva Films


PRESSE CONCERNANT LE FILM "Annie Vacelet psychogéographe ou comment vivre sa folie "

Documentaire de MAITE LEMBEYE - 67mn - dépôt n°436
Annie Vacelet Actrice
Maria Koleva Actrice/ Productrice

Annie Vacelet dit : " Je voudrais dire à tous que le rôle du fonctionnaire n’est pas d’être rejeté en dehors du corps social en même temps que la personne dont il s’occupe (les élèves d’école, les toxicomanes, les victimes de l’informatisation du travail, etc.) "

Elle a fait ses premiers stages avec Jean Oury et Felix Guattari à Laborde. Elle a participé au mouvement « Alternatives à la psychiatrie » pour introduire la psychanalyse auprès des enfants de 0 à 15 ans des couches populaires et autres (52 nationalités à Bondy en 1985). Annie Vacelet a participé à la création de plusieurs centres de soins et de consultations pour enfants et adultes etc.

Annie Vacelet, psychologue et psychanalyste, dit "J’écoute l’intelligence des fous, leur façon de tenir à la vie, car leurs histoires sont dures. Je guéris les gens de leurs idéaux de normalité. Car la folie individuelle est nécessaire pour le corps et l’esprit ". Comment vivre sa folie aujourd’hui ? Nous réfléchissons à haute voix à la suite de notre vie


ANNIE VACELET ECRIT SON PREMIER LIVRE « LE SENTIMENT DE LA
PSYCHOGEOGRAPHE’ » OU COMMENT VIVRE SA FOLIE AUJOURD’HUI

Maria Koleva, Maïte Lembeye, Annie Vacelet
Vivre aujourd’hui - documents-fictions (films-livres)
Production Cinoche Video, Maria Koleva Films
France

Sadia Saïghi écrit (www.cnc.fr) :
Maria Koleva rend visite à une amie, Annie Vacelet. Dans cette conversation à bâtons rompus prise sur le vif, se dessine peu à peu le portrait dynamique d’une femme qui n’oubliant pas la camera, réfléchit à haute voix sur ce qui la motive aujourd’hui dans la vie : la pratique de son métier (psychologue et psychanalyste), sa manière de vivre la politique ou de faire du théâtre avec les jeunes.

Qu’il s’agisse de ses patients, de ses pratiques artistiques (peinture, théâtre, cinéma), de son premier livre « Le Sentiment de la psychogéographe », de ses positions vis-à-vis des institutions, du pouvoir ou de la normalité, Annie Vacelet parle avec passion de la démarche qui l’anime. Une démarche qui consiste à faire face à « l’urgence de la vie », selon le concept de Lacan qu’elle fait sien.


ANNIE VACELET PSYCHOGEOGRAPHE OU COMMENT VIVRE SA FOLIE AUJOURD’HUI

(1993) 67 min. Réalisation : Maïté Lembeye.

Texte de Maria Koleva :
Annie Vacelet dit dans le film : "J’ai fait ce film pour que 1’expérience que j’ai acquise dans les hôpitaux puisse servir aux infirmières, aux soignants, aux malades, aux gans trop normaux pour qu’enfin ils deviennent fous. Grâce à la légèreté de la forme de ma rencontre avec Maria Koleva filmée par Maïté Lembeye, les formes dont je me sers dans mon travail deviennent claires. Je voudrais dire à tous que le rôle du fonctionnaire n’est pas d’être jeté en dehors du corps social en même temps que la personne dont il s’occupe (les élèves d’école, les toxicomanes, les victimes de l’informatisation du travail etc.)".

Je me sers du cinéma et du théâtre comme formes d’absorption dans le corps social. Le film est aussi une simple rencontre, mais très importante puisqu’on ne croit qu’aux amis aujourd’hui.

Annie Vacelet est diplômée de psychologie clinique et psychanalyste du CFRP (Centre de formation et de recherche psychanalytique) fondé par Octave et Maud Mannoni en 1983. Elle fait ses premiers stages à Laborde, clinique de Jean Oury et Felix Guattari. Entre 1977 et 1979, elle participe au mouvement mondial ALTERNATIVES A LA PSYCHIATRIE avec Basaglia, Cooper... Elle publie dans un livre consacré à ce mouvement (collection 10/18) l’article « Les femmes brisent le miroir ». À la même époque, elle travaille à Ville-Evrard dans le service psy de Guy Baillon où les malades et les thérapeutes sont enfermés et part à Bondy pour aider les malades à retrouver leurs habitations. Elle crée avec Guy Baillon et toute l’équipe un hôpital ouvert pour servir ces mêmes malades. Elle continue la tradition de Laborde en installant une réunion hebdomadaire avec les malades et des activités artistiques dans le but d’élargir et de diversifier les méthodes de guérison. Pour introduire la psychanalyse auprès des enfants de 0 à 15 ans des couches populaires françaises et autres (52 nationalités à Bondy) Annie Vacelet participe à la création d’un centre de consultations pour enfants.
Pendant ce temps et jusqu’en 1984, elle enseigne la psychanalyse à l’Université de Paris 8 au Département des Sciences de l’Éducation. La psychanalyse étant très liée au théâtre et au cinéma, elle fait des conférences, entre autres, sur Antigone (La révolte contre Créon), sur « l’Ethique de la psychanalyse » de Lacan, toutes publiées dans des revues spécialisées. En 1993, elle publie un livre « Le sentiment de la Psychogéographe ».

En 1995, je participe avec Annie Vacelet, psychologue et psychanalyste à un film. C’est une amie vidéaste, Maïté Lembeye qui filme et je ne fais que permettre à Annie de s’exprimer. Car, arrivée à la maturité de son travail, elle a besoin de le partager avec les soignants, avec ses collègues, tandis que tout le monde a besoin de sortir de son état de normopathie, état de la normalisation du comportement qui mène à la folie aujourd’hui. Le film s’appelle :

« ANNIE VACELET PSYCHOGÉOGRAPHE OU COMMENT VIVRE SA FOLIE AUJOURD’HUI »

Ce film est le comble de la liberté de création du point de vue psychique et technique. Mais un film de ce type n’est possible que si les participants connaissent parfaitement les lois de la dramaturgie et les appliquent spontanément. Chacun doit connaître suffisamment le travail de l’autre, les points communs entre les deux et faire confiance à l’autre.

Voilà comment nous avons fait ce film. Je connais depuis quelques années Annie Vacelet. Elle m’appelle pour me dire qu’elle a édité le livre dont elle m’avait parlé. La même semaine Maïté, une amie vidéaste veut bien qu’on prenne un café ensemble le samedi matin. Je lui propose de le prendre chez Annie Vacelet, en filmant la rencontre entre Annie et moi. Elle accepte, puisque depuis quelques années elle s’offre le plaisir de me filmer, comme elle dit.

Arrivée chez Annie, je me concentre sur l’essentiel de son travail, je la coupe quand elle part dans d’autres réflexions, un peu comme on surveille le niveau de la rivière pour empêcher l’inondation. Je l’écoute en amie qui veut comprendre tout de suite, dans l’immédiat, pas après, pas au montage. Et si moi je peux comprendre, le spectateur comprendra aussi. J’ose la couper, lui raconter, puisque c’est une vraie rencontre, ce que j’ai fait ces derniers temps. (ça me permet de respirer et au spectateur aussi. La qualité de ce film-video (et de tout film-video)) qui est un document-fiction tient :

1. A la dramaturgie d’une rencontre ; nouement, « apogée », dénouement, comme pour toute pièce de théâtre ou tout film, toute histoire racontée.

2. Pour éviter un vrai montage il faut condenser la matière de la pensée, se comporter devant la caméra-vidéo comme si c’était de la pellicule 35 mm, et que chaque mètre coûte une somme énorme d’argent. Alors on est très concentré.

Le matériel vidéo n’a presque pas eu besoin de montage. Les plans-séquences se suivent 1’un après 1’autre.

3. La caméra de Maïté Lembeye, très sensible à l’atmosphère amicale, a filmé pratiquement ce que nous nous expliquions sur la communication entre les malades et les soignants et entre les personnages dans un film qui est de la même nature. Elle a filmé la tension entre nous, l’espace entre Annie et moi. C’est de lui, de son rétrécissement et de son élargissement que dépend, la dramaturgie du film. Maria Koleva 1995

Le film visible sur You Tube : Ce film est la transcription num (mpeg4) d’une copie VHS de la BetaSP de départ... Résultat : un véritable cauchemar cinématographique, la vision rouge et or d’un opiomane à la dérive... ©AVjanv2017

Lien https://youtu.be/Yk7I6TLFHI4

RETOUR EN ARRIÈRE :

1990, premières décades 91 92 93 94 95
Une époque où les gens passaient à la maison, se baissaient pour ramasser quelques phrases que j’avais laissées choir d’un travail en cours, en faisaient des chansons… même pas… les vendaient au show-biz qui en tirait ses refrains….

« Sur la page
Je fonce, je trace,
j’efface, je trace… les contours de l’amour… »

Ils passaient en quête d’un gîte, le dernier abri où mourir (C’était les années sida, la mort battait le rappel, rabattait les foules, soumettaient, écrasaient…) ou simplement d’un endroit où habiter (C’était les années DAL – droit au logement – la pénurie de logement, des familles africaines regroupées place dans le Paris 20 puis hébergées par Mnouchkine au théâtre du soleil. Ça squattait de partout dans d’infâmes ruines, des canalisations éclataient, de la peinture s’écaillait, de mauvais fourneaux s’asphyxiaient … les militants paillaient les manques de l’État, rendaient service, m’ont sollicité… J’ai demandé au diecteur de l’hôpital de Ville-Évrard d’ouvrir le pavillon Tramontane où s’était fait coincé Antonin Artaud entre 19439 et 1942, et de le emttre à la dispopsition d’artistes squatters ok ok… Act, acting, acting out, on était tous Act-up sur le modèle des pédés parisiens…

Ils passaient en pleine nuit, au petit matin, pleins d’espoir et de toujours, à l’affût du moindre signe, de la moindre parole qui aurait pu leur inspirer un film (militant), un sujet de réflexion, le thème d’un colloque ou d’un article….

Le matin, la nuit, avant que je ne parte ou ne revienne du travail, une tâche harassante que ce travail de psy dans les années 1990, 1ères décades…. il nous fallait ressaisir ce qui se tramait entre psy publique et psychanalyse, psychanalyse et création, création et institutions publiques et privées… en pratique et en théorie… sur le terrain et en rêve…

Exténuée, mal sapée, j’acceptai de me laisser filmer parce que je n’avais pas de temps à perdre par Maria Koleva qui n’exerçait alors plus qu’en tourné-monté (elle non plus n’avait pas le temps de revenir sur ce qui pouvait s’articuler rapidement – fast transmission, connexion éclair, entretien sur le pouce, séance… - ce qui est bon pour les patients : une séance courte, devrait être bon pour la thérapeute !)

Avec déjà pas mal d’heures au compteur en 1993, isn’it ? Et l’impression que je n’arriverais jamais à dire ce que j’avais à dire… puisqu’à chaque parole prononcée, écrite, il me semblait qu’il fallait que je réinvente seule le papier sur lequel l’écrire, la pâte à bois dont le papier était fait, la scierie dans laquelle cette pâte avait été malaxée, le bois, l’écorce, la forêt d’où le matériau de base provenait, la pluie, le soleil, le cosmos, le néant… tout … le monde en sa totalité pour le moindre mot prononcé…

Poser le moindre acte signifiait alors re-fonder le monde…©av13janv2017

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