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Bondy à la folie (Retour au Sentiment...) Présentation

D 24 janvier 2015     A Annie Vacelet    


Bondy à la folie (Retour au Sentiment de...)

Pour écrire ce livre, je me suis laissée guider par l’hypothèse, politique, esthétique, que le travail de Secteur est une création peu banale qui engage soignants et patients avec leurs idées, des concepts-outils, mais aussi leurs désirs, leurs perceptions/sensations. J’ai consacré un an à faire un relevé personnel de ce qui se disait dans le Service psychiatrique de Guy Baillon, en m’intéressant à la manière dont c’était dit.Retour ligne automatique
J’ai voulu transcrire des rythmes, accélérations, ralentissements, immobilisations, des tonalités, des consistances, des couleurs, des regards, des voix, une pré-écriture qui serait la cicatrice, la marque du passage entre un univers de silence et un univers de l’oralité (-1).

Il m’a fallu, pour extraire ce texte du quotidien, faire reculer les idéologies, inviter l’œil redevenu sauvage à comprendre ce qui fait corps, comment ça prend, comment ça tient ou pas, un corps professionnel , un corpus théorique, l’image d’un corps… En mille traits aussi bien qu’en deux ou trois rythmes, en écrivant, je cesse d’être psychologue, ce livre est de la psychogéographie.

Il s’agissait de restituer le plus franchement possible la façon dont la parole circule à sur un Secteur psy afin d’empêcher que les patients ne soient anéantis par les ruptures qu’impose un découpage "normatif" de la réalité, généralement peu inspiré, le plus souvent sorti du discours administratif - discours/délire qui se croit.

Les personnages du livre sont traités de façon réaliste. Ainsi le lecteur s’y retrouve... en partie mais ce n’est pas simple puisque le livre, cherchant à rester fidèle à la façon dont le Secteur s’est construit, ne saurait se contenter d’un scénario fermé ; il ne propose même pas de récit... à moins que...

La forme en est difficile ; il s’agit peut-être d’un texte-chimère, construit c’est certain à partir de plusieurs regards qui ne se rencontrent jamais et déterminent une zone d’ombre (2) le néant d’où tout peut resurgir pour de nouvelles créations. ©annievacelet2006

1- Le Clézio dans son introduction des « Chants de Maldoror » de Lautréamont.Retour ligne automatique
2 - Paul Valéry cité par Julien Gracq à propos de Rodanski « La victoire à l’ombre des ailes »